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Faire porter la voix des adoptés coréens

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Ils s’appellent Emilie, Jany et Damien. Tous trois militent au sein de Racines Coréennes, lieu de rencontre de jeunes au destin peu ordinaire, nés en Corée et adoptés en France. L’objectif affiché de l’association ? Apaiser les questions identitaires que les adoptés se posent. Des vécus disparates avec un point commun : l’abandon, répandu dans la société coréenne des années 70 notamment dû à une stigmatisation des mères célibataires. Si pour tous, l’intégration en France est loin d’avoir été une expérience anodine, elle fut même pour certains douloureuse. Car au delà de certains cas de violences familiales (exclusion, sévices,…) facteurs de dépressions ou de suicides, de nombreux adoptés ont subi un délit de faciès de la part de leur entourage. La quête des origines fut alors pour eux un passage obligé. « Il est possible et légitime de s´intéresser à ses racines sans renier son pays et sa famille d’adoption. On se sent alors mieux dans sa vie française », rappellent les représentants de l’association.

Témoignage

May, 38 ans : « Ne plus avoir honte de mes origines »

 « Je n’ai pas le fantasme d’être coréenne », glisse May Lemanceau, française adoptée de 38 ans, née en Corée du sud. Mais les questions identitaires, elle a du en affronter. Adoptée à dix ans, avec ses deux sœurs, May doit vite occulter les souvenirs de son pays natal. « Nous avons surtout oublié le coréen, c’était le seul moyen de vite s’intégrer à la culture française». Un cap qu’elle franchi non sans difficulté. « J’avais conscience de ma différence, il suffisait de me voir dans le miroir ». Au-delà des remarques blessantes à l’école, « bol de riz, chintock…, se souvient-elle, le plus dur c’était le regard des autres. Je me sentais Française et fière de l’être, mais on me renvoyait parfois l’image d’une étrangère». Un mal-être que May surmonte avec le temps. « En rencontrant via des réseaux associatifs d’autres jeunes comme moi, et surtout en prenant des cours de coréen. Cela m’a aidé à dédramatiser cette double identité et surtout aller en Corée voir mes parents biologiques. En acceptant mon histoire, j’ai appris à ne plus avoir honte de mes origines ». 

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Written by MinoriTerres

octobre 31, 2015 at 12:40