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Le complexe identitaire des Chinois d’outre-mer

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Les premiers Chinois de France n’ont pas uniquement débarqué à Paris ou Lyon, mais aussi à la Réunion et Thaïti. Datant du 19 ème siècle, ces communautés d’outre-mer doivent pourtant faire face, aujourd’hui encore, à un challenge identitaire de taille : celui de la transmission d’une culture chinoise dans un environnement dominé par le créole et le français.

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Saviez-vous que des Chinois sont présents dans nos DOM-TOM depuis le 19ème siècle ? Déjà,  à Tahiti où les Hakkas, originaires du sud de la Chine, se fondent dans une société polynésienne pluriethnique. Schéma similaire à la Réunion « où vivent encore 25 000 descendants de Chinois, dont leurs ancêtres, des Hakkas comme des Cantonais, ont débarqués après la promulgation, en 1862, d’un décret permettant à tout étranger de s’engager librement comme travailleur sur l’île», raconte Live Yu-Sion, enseignant-chercheur à l’Université de La Réunion.

Paradoxe existentiel

La particularité de ces présences chinoises ? S’inscrire dans un contexte à la fois créole et français. « Toutes les générations de Chinois nées sur l’île sont imprégnées de cette double culture », explique Live Yu-Sion. Et ce, en dépit des tentatives de ‘resinisation’ de la communauté, durant les années 80, via la mise en place d’associations, lieux de culte ou écoles. « Un « retour aux sources » d’autant plus nécessaire pour les Chinois de la troisième et quatrième génération, souvent peu enclins à l’assimilation, qu’ils sont dépourvus de contacts avec la Chine.

Pourtant, cette démarche, loin d’avoir eu les résultats escomptés, relèverait, selon le chercheur, d’une illusion identitaire, « tant les Chinois réunionnais vivent dans un paradoxe existentiel. En effet, ils se reconnaissent comme Chinois, ont un phénotype chinois, et sont considérés comme tels par la société réunionnaise. Pourtant, ils ne possèdent ni la langue, ni la culture mandarine. Leur langue de communication est avant tout le créole bien qu’ils ne se sentent ni créoles, ni français ». On l’aura compris, dans un contexte de métissage qui caractérise la société créole, la question des origines culturelles chinoises demeure, à bien des égards, problématique.

Written by MinoriTerres

mai 30, 2013 at 4:52

Dubaï, royaume des expatriés

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Eldorado pour les pays du tiers-monde voisins, Dubaï héberge pas moins de 90 % d’expatriés. Si le Hong-Kong du Moyen-Orient représente un tremplin économique pour les jeunes indiens, chinois ou philippins, il constitue aussi une zone de non droit pour ces « citoyens de seconde zone » parfois victimes des pires abus. Reportage.

Véritable empire construit dans le désert, la capitale économique du Moyen-Orient se distingue par ses projets architecturaux les plus fous.

«Dubaï ? C’est vraiment extra ! ». Voilà comment Lilly, une chinoise de 22 ans, employée polyvalente dans l’hôtel de luxe Zaabel Saray, niché au cœur de l’ile artificielle The Palm Jumeirah, à Dubaï, qualifie son expérience d’expatriée dans la capitale économique des Émirats-Arabes-Unis. « Depuis plus d’un an déjà, j’ai le plaisir de travailler ici, c’est vraiment une chance pour moi, pour ma carrière, car  c’est un vrai tremplin, confie-t-elle d’un air candide, je peux y développer mes compétences dans l’hôtellerie de luxe, améliorer mon anglais et enrichir mon CV. Ce qui me permettra de revenir un jour en Chine  mieux armée pour décrocher un vrai travail dans mon domaine».

 A l’instar de Lilly, des dizaines de milliers de migrants asiatiques, chinois, philippins ou encore indiens, viennent chaque année s’installer dans ce Hong-Kong du Moyen-Orient, pour y tenter leur chance. « Véritable eldorado économique pour le tiers monde voisin, les Émirats Arabes Unis sont tellement devenus attractifs, que pas moins de 90 % de sa population est aujourd’hui étrangère ! », confirme Inès, guide franco-tunisienne, qui vit aussi à Dubaï depuis plusieurs années. Une situation qui vaut également pour les autres pétromonarchies du golf, à l’instar du Qatar, Barhein ou encore Oman, qui hébergent également des communautés « d’expat » non négligeables, représentant jusqu’aux 2/3 de leur population.

Le « dishdash », longue robe blanche que portent les hommes émiratis témoignent des paradoxes d’une ville « monde », certes tournée vers le capitalisme, mais aussi soucieuse de préserver ses traditions.

 800 euros mensuels pour vivre

 A la recherche d’une vie meilleure, ces immigrés originaires des pays du sud, œuvrent souvent dans des secteurs d’activités divers : hôtellerie, transport, BTP,… A l’instar de Souhel, un pakistanais de 34 ans, installé à Dubaï depuis déjà six ans : « Au début, j’ai été agent de sureté, maintenant je suis chauffeur de taxi ». Si les offres d’emploi regorgent à Dubaï, ville-monde en perpétuelle mutation (35 % des grues de la planète se trouveraient dans la cité !), elles proposent toutefois des salaires très bas. « Sur les 12 000 dirams que je réalise par mois, je dois en verser 8 000 à mon employeur. Résultat: il ne me reste plus que 4 000 dirams, soit 800 euros, pour vivre, ce qui est vraiment pas grand chose dans une ville comme celle-ci », confie amèrement Souhel. D’autant que pour générer un tel cash, le jeune homme doit travailler 7j/7 ! « Généralement, je m’offre deux soirs par mois pour décompresser. Mais le mois dernier, je n’ai pu faire qu’une sortie, du coup, je suis vraiment lessivé».

 Atteintes aux droits de l’homme

 C’est dire si derrière les images clichés de Dubaï mêlant grattes ciels monumentaux, centres commerciaux gigantesques et safaris dans le désert, la vie quotidienne pour nombre de ses expatriés est loin d’être rose. « Qui plus est dans un pays autoritaire où le droit du travail est réduit à peau de chagrin », confie discrètement la guide franco-tunisienne. En témoignent les nombreux abus (violences physiques, séquestrations…) pratiquées par certaines familles émiratis à l’encontre de leurs femmes de ménages philippines et sri lankaises, largement signalés par Amesty International. « Il faut travailler dur içi, on n’a pas le choix. Quand mon employeur voit que je rechigne, il me dit: et bien vas t’en, j’en trouverai bien une centaine d’autres pour te remplacer », raconte Souhel qui dit faire face à une vraie « injustice». Au point de vouloir quitter Dubaï pour retourner Pakistan ? « Certainement pas, nuance ce dernier, ici au moins, il y a du travail, alors que chez moi, je n’ai aucune perspective».

A l’hôtel de luxe Zaabel Saray, la grande majorité du personnel est expatriée. Ces trois employées polyvalentes, originaires du Viet-Nam, y travaillent depuis déjà plusieurs mois.

 Un empire dans le désert

 Et c’est bien le créneau sur lequel surfe la mégalopole arabe, distante d’à peine une heure du Pakistan et de deux heures de l’Inde, pour bâtir son empire dans le désert. « Ici, les expatriés sont payés en fonction du niveau de vie de leurs pays respectifs. Ainsi, un Égyptien sera toujours mieux rémunéré qu’un Indien, et ainsi de suite », détaille Inés. Un constat confirmé par Lilly qui vit dans une résidence de travailleurs (loyer payé par l’employeur), partageant sa chambre avec trois autres personnes, une chinoise et deux russes. « Moi je gagne 1 300 dirams par jours, soit 250 euros alors que mes collègues libanaises touchent elles 2 000 dirams ». Et de renchérir: « Oui, le quotidien n’est pas facile, mais au moins je peux envoyer de l’argent à ma famille en Chine. Et puis, j’aime vivre içi, c’est plus confortable et plus sûr que dans mon pays».

Des discours angéliques qui ne peuvent toutefois éclipser le statut de « citoyen de seconde zone » auquel sont soumis, aujourd’hui encore, Lilly comme les autres. Inès raconte: « quand on est expat, qui plus est originaire du tiers monde, gare à ne pas être impliqué dans le moindre incident avec des locaux, ne serait-ce qu’un accrochage en voiture sans gravité. Car vous pouvez être envoyé illico en prison, sans le moindre jugement, et ce même si vous n’êtes pas  fautif». De quoi donner froid dans le dos…

Written by MinoriTerres

juillet 1, 2012 at 11:16