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« Sannois, ce n’est pas une ville d’extrême droite »

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Ville de banlieue réputée calme et paisible, Sannois, commune nichée au coeur du 95 (Val d’Oise), contraste largement avec sa rivale, Argenteuil, située à proximité, plus animée mais aussi plus agitée. Quelques jours après le premier tour des présidentielles, reportage d’ambiance au sein d’une cité « à la campagne » où cohabitent jeunes et vieux, français de souche et ceux issus de l’immigration.    

La politique du maire UMP de Sannois, Yannick Paternotte, s’est centrée sur l’agencement d’un centre ville « préservé » et « protégé ».

Dans le centre de Sannois, ville « à la campagne » d’environ 26 000 habitants, nichée au cœur de la vallée de Montmorency (Val d’Oise), se juxtaposent grands immeubles et petites maisons résidentielles. Un contraste,  qui à première vue ne saute pas aux yeux, tant la politique du maire UMP, Yannick Paternotte, s’est centrée sur l’agencement d’un centre ville « préservé » et « protégé ». « Les grands immeubles, près de la mairie ont, en effet, été rénovés, et des grillages ont été installés un peu partout pour mettre fin aux allées et venues », explique Rachid, ex-sannoisien, étudiant à l’Essec. Le jeune homme, qui habitait, il y a quelques années encore, à Sannois, dans ce qui s’appelait auparavant « la cité du centre » a aujourd’hui déménagé à Argenteuil.

« A coté d’Argenteuil, Sannois c’est le grand luxe » 

« Difficile de dire si le quartier où j’ai grandi était vraiment une cité, ce mot est tellement connoté négativement aujourd’hui…, confesse le jeune homme, en tout cas, il est clair que j’ai pas vécu dans la partie la plus friquée de la ville, même si comparé à certains endroits d’Argenteuil, ce fut quand même le grand luxe»,  détaille-t-il, en rappelant qu’il aime revenir dans la ville de temps en temps pour revoir ses proches et aussi pour voter, comme ce fut le cas dimanche dernier. « J’ai voté socialiste pour ce premier tour », déclare-t-il, tout en avouant ne  « pas être en désaccord » avec tous les propos de Nicolas Sarkozy concernant les banlieues.

Car si Sannois est réputée comme une ville paisible, bien plus à « l’abri » des problèmes de banlieue, que sa rivale Argenteuil, le maire de la ville, lui même, n’a pas hésité à fustiger dans ses communiqués les incivilités de certains jeunes. S’agirait-il par hasard de ceux assis sur des marches, près de la mairie, demandant aux passants des clopes  ? Ils semblent effectivement exaspérer  le voisinage. « Un adolescent s’est fait agresser l’autre jour parce qu’il a refusé de donner son téléphone portable à un voyou » raconte en colère une vieille dame habitant dans un quartier pavillonnaire à deux pas des grands immeubles du centre ville. « Il n’y a qu’une rue à franchir pour se retrouver parmi ces jeunes » renchérit la dame, qui refuse de dire pour qui elle a voté dimanche dernier, tout en déclarant ne pas être de gauche.

Les cités reléguées en périphérie

«  Hormis le centre qui est un peu mixte, c’est la même logique un peu partout dans cette ville : la mairie a laissé les cités s’installer à la périphérie », analyse avec plus de recul Florian. Ce jeune qui travaille en intérim, habite à une demi heure à pied du centre, dans une grande maison coincée entre la cité Verte et la cité Soleil où resident essentiellement des familles issues de l’immigration. Il a lui aussi voté pour François Hollande. « On n’a jamais vraiment eu d’emmerdes içi. A part un ou deux vols de portables, Sannois est une ville plutôt calme. Le vrai problème c’est qu’il n’y a absolument rien à faire içi, surtout dans mon quartier. Pas de commerces, pas de services publics, rien. Je me demande même si les vieux sarkozystes qui habitent dans les maisons en face, autant que les jeunes qui habitent dans les cités à côté, ont déjà mis un pied à Paris », développe ce dernier.

Plus près du centre ville, derrière la gare, se dresse un autre quartier, ultra cossu, qui se veut le plus riche de la ville. Les propriétés gigantesques, cachées derrières de hauts portails, s’y succèdent les unes aux autres. Pourtant juste à proximité, à la limite de Saint Gratien et d’Argenteuil, se dresse la cité des Buissons. Un tout nouveau décor, présentant des tours particulièrement délabrées, s’impose. Il y a plusieurs années, des mecs issus de cette cité, s’étaient même battus avec ceux des quartiers résidentiels. L’objectif était de leur piquer leurs vélos. «Même si ils ne vivent pas ensemble ces jeunes se connaissent tous, car ils sont sectorisés dans la même école, indique un habitant du quartier, mais de plus en plus de familles aisées du coin préfèrent désormais inscrire leurs enfants à Notre-Dame, l’école privée du centre».

« A mort Le Pen, A mort les Juifs »

Dans ces quartiers résidentiels, Sarkozy est largement arrivé en tête au premier tour à en croire le dépouillement de dimanche dernier. Il y a dix ans, en 2002, c’était le Front national qui avait atteint un taux record, tous quartiers confondus de la ville, se plaçant en deuxième place, loin devant le PS. « Mais cette ville n’est pas d’extrême droite » assure Florian. Il est vrai que dans le souterrain de la gare, on a vu inscrit, il y a un petit moment de cela, en caractères très visibles « A mort Le Pen » suivi de… « A mort les Juifs ». Le lendemain, le maire de la ville s’était empressé de tout faire disparaître.

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Written by MinoriTerres

avril 24, 2012 à 9:55

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